Et parfois… ce n’est pas la catastrophe mérule annoncée
- Victor Sabet
- 9 févr.
- 2 min de lecture
Au laboratoire, nous recevons régulièrement ce type d’appel.
Julien nous contacte, visiblement inquiet :
il pense avoir identifié un départ de mérule dans sa cave.
La description est classique : catastrophe mérule ! une zone blanche, plate, en développement sur un mur, à proximité immédiate d’une planche en bois posée contre la maçonnerie.
Dans ce genre de configuration, la prudence s’impose. Sans certitude, pas d’alerte inutile — mais l’expérience montre que ce type de signalement mérite d’être vérifié rapidement.
Le déplacement sur site permet souvent de lever le doute en quelques secondes.
Et dans ce cas précis, le diagnostic a été clair : il ne s’agissait pas de mérule.
Ce moment est toujours particulier. Pour le propriétaire d’abord, qui voit la pression retomber instantanément. Pour nous aussi, car annoncer une bonne nouvelle fait partie intégrante du travail d’un laboratoire.
Pour autant, l’observation n’était pas anodine.
La présence du champignon révélait une cave insuffisamment ventilée, un taux d’humidité favorable au développement fongique, et une source de cellulose directement au contact du mur. Autrement dit, les conditions idéales pour voir apparaître un organisme opportuniste.
L’analyse a permis d’identifier un polypore blanc du genre Antrodia, confirmé par séquençage comme Antrodia citrina. Une espèce peu fréquente dans le bâti, sans gravité structurelle, mais révélatrice d’un déséquilibre hygrométrique.
C’est un point important que nous rappelons souvent.
Les situations réellement critiques existent, et nous les rencontrons. Mais dans la majorité des cas, les champignons observés dans les caves ou locaux techniques sont avant tout des indicateurs de conditions défavorables : excès d’humidité, ventilation insuffisante, stockage inadapté.
Lorsque ces paramètres sont corrigés, la plupart de ces champignons disparaissent spontanément, sans traitement lourd.
La panique est parfois disproportionnée face à l’aspect visuel.
L’analyse, elle, permet de remettre les choses à leur juste place — et bien souvent, la solution est plus simple qu’on ne l’imagine.



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